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Hizia

Une grande partie des informations présentées dans cette page ont été extraites des Mémoires du cheikh Mohamed Khireddine (imprimerie Dahleb - Alger 1985) qui a lui-même puisé dans plusieurs ouvrages d'histoire du Maghreb et de l'Algérie, et principalement dans les écrits d'ibn Khaldoun. Les dates ont été rapportées telles qu'elles apparaissent dans l'ouvrage, sans aucune modification, bien qu'elles soient parfois différentes de celles mentionnées dans d'autres sources ...

Origines et Généalogie

Les Beni Hilal forment un conglomérat de tribus toutes issues d'un ancêtre commun - Kais Ilan ibn Madhar ibn Adnan - et habitant le Hidjaz, dans la péninsule arabique, aux environs de la ville de Taif, près de la Mecque.

La plus puissante et la plus nombreuse de ces tribus hilaliennes est celle de Riah ibn abi Rabîa ibn Nahik ibn Hilal, elle-même divisée en plusieurs tribus : Ouled el Khadhar, Ouled Said, Ouled Meslem, Beni Merdes, etc.

Les Beni Merdes constituent la plus grande tribu de Riah dont est issu le clan (ou branche) des Dhouaouda auquel appartenait Hiziya. A l'époque d'ibn Khaldoun, les Beni Dhouad ibn Merdes ibn Riah régnaient sur les tribus de Riah au Maghreb.

 

Migration vers le Maghreb

Les tribus hilaliennes sont arrivées en Afrique du Nord en 1051 sous la conduite de leur chef Mouanis ibn yahia à la demande des Fatimides, en guerre à l'époque avec les Sanhadja et leur émir el Mouîz ibn Badis.

Ces tribus ont pénétré au Maghreb en empruntant trois voies différentes :

- le littoral : régions de la Calle, Annaba, Collo, Constantine, jusqu'aux monts des Babor

- les plateaux situés entre les monts des Atlas tellien et saharien

- le Sahara : versant Sud des Aurès, région du Zab (ou Ziban) jusqu'au Mzab à l'époque des Mouahiddine

Puis, au fil des alliances et des guerres avec les états locaux, les Hilaliens occupèrent plus de terres et gagnèrent plus de pouvoir.

Dans son livre "el îbar" (vol. 7), ibn Khaldoun nous raconte que la tribu Riah était la plus puissante des tribus des Beni Hilal et la plus nombreuse, et qu'elle était dirigée par le clan des Dhouaouda, enfants de Dhouad ibn Riah. Leur émir abu Serhan Messaoud ibn Sultan ibn Zimam ibn Rudaini ibn Dhouad ibn Merdes ibn Riah joua un rôle important à l'époque des Mouahiddine. Les branches Riah occupaient alors tout le pays qui s'étend du Djerid et Kairouan jusqu'au Zab, M'sila et Ouargla. Elles possédaient aussi des biens fonciers au Hodna, Béjaia et le Constantinois.

Ibn Khaldoun a aussi longuement parlé des Dhouaouda (et des branches tribales qui en découlaient : les Ouled Assakar ibn Sultan, les Ouled Mohamed ibn Messaoud ibn Sultan et les Ouled Sebâa Yahia ibn Sultan) car il a vécu pendant six années entières avec sa famille à Biskra sous leur protection, voyageant beaucoup et en contact permanent avec son ami Yakoub ibn Ali Dhouadi, l'émir de la tribu Riah à cette époque.

 

                                              

Les Grands Chefs Dhouaouda de Riah

1.  Abu Serhan Messaoud ibn Sultan

2.  Mohamed ibn Messaoud ibn Sultan

Fils d'abu Serhan. Il a remplacé son père à la tête de Riah en 1233 (633 H). Décédé en 1245 (642 H).

3.  Moussa ibn Mohamed ibn Messaoud

Fils de Mohamed. Il a vécu à l'époque des Hafsides. Décédé en 1267.

4.  Chebel ibn Moussa ibn Mohamed

A remplacé son père Moussa et s'est allié à abu el Kacem le Hafside (en guerre contre son cousin el Moustansir le Hafside) qu'il a pris sous sa protection dans ses quartiers de N'gaous. Il fut assassiné par traîtrise à Béjaia, en 1290, par les hommes d'el Moustansir qui l'y avait invité en vue d'une réconciliation entre les Dhouaouda et le pouvoir hafside de Tunis.

5.  Sebâa ibn Chebel

A été élevé par son oncle et aidé par le roi zianide de Tlemcen. Une fois à la tête de sa tribu, Sebâa fit lever une grande armée et marcha contre Othman ibn Mohamed ibn Attou, wali hafside de Magra (près de Barika). Il le vainquit et reconquit les wilayas de Magra et N'gaous, étendant l'autorité des Dhouaouda sur le Hodna et les Aurès. Décédé en 1310.

6.  Othman ibn Sebâa

A préféré laisser l'émirat de la tribu à son cousin en 1320 (706 H).

7.  Yahia ibn Ahmed ibn Amr

L'émirat passa alors des Ouled Moussa ibn Mohamed ibn Messaoud ibn Sultan aux Ouled Amr ibn Mohamed ibn Messaoud ibn Sultan, leurs cousins. Ces derniers reignèrent sur les Dhouaouda jusqu'à l'époque de la colonisation française du Sahara en 1842.

Yahia ibn Ahmed ibn Amr est enterré dans la mosquée qui porte aujourd'hui son nom, à Ferfar (30km environ à l'ouest de Biskra, sur la route de Tolga). Il est décédé en 1329.

8.  Ali ibn Ahmed ibn Amr

A remplacé son frère Yahia à la tête des Dhouaouda. Décédé en 1347.

9.  Yakoub ibn Ali ibn Ahmed

Fils d'Ali. Ibn Khaldoun a dit de lui qu'il avait joué un rôle important dans les événements politiques et les guerres du 8e siècle de l'Hégire. Il est décédé en 1390 (790 H) dans sa propriété de N'gaous, à son retour de pèlerinage à la Mecque, et fut transporté à Biskra pour y être enterré près de l'imam abu el Fadhl el Biskri.

Yakoub était un grand ami d'ibn Khaldoun. Ce dernier est même descendu chez lui, dans ses quartiers d'été dans le Constantinois, lors de son dernier voyage à Tunis.

10.  Mohamed ibn Yakoub ibn Ali

Fils de Yakoub. Décédé en 1435.

11.  Issa ibn Mohamed ibn Yakoub

Fils de Mohamed. Décédé en 1481.

12.  Sakhri ibn Issa ibn Yakoub

Fils de Issa. Son autorité s'étendit de Constantine à Ouargla et de Ferdjioua et Medjana jusqu'à M'sila et Laghouat. Il passait l'hiver avec sa smala dans les Ziban, sur les rives de Oued Jedi, et montait l'été aux sources du Rhumel, dans les plaines de Belâa, chez la tribu des Ouled Abdennour.

ce fut à l'époque de Sakhri que débarqua Barberousse le Turc à Tunis et lança un appel à toutes les tribus hilaliennes en Algérie leur demandant de prêter allégeance au calife ottoman d'Istanbul.

Ces dernières acceptèrent en y mettant deux conditions :

- qu'aucun changement ne survienne dans ce qu'ils avaient jusque-là comme droits et privilèges

- qu'ils continuent à choisir eux-mêmes leur chef

Khireddine Barberousse accepta ces conditions et fit même publier une ordonnance stipulant :

- que le chef des Dhouaouda serait dorénavant nommé par le Pacha d'Alger après sa désignation par les tribus

- que ce chef porterait dorénavant le titre de 'Cheikh el Arab' au lieu d'émir

- qu'il sera recouvert d'une tunique officielle appelée 'le cafetan' le jour de son investiture

- que cette investiture aurait lieu au cours d'une cérémonie officielle et publique avec fanfare et drapeaux turcs.

Sakhri est décédé en 1541.

13.  Le Premier Cheikh el Arab

En 1541 Ali abu Akkaz (Bouakkaz) ibn Sakhri fut convoqué à Constantine par le Bey turc pour être investi du titre de Cheikh el Arab (Cheikh des Arabes).

La première mission du nouveau Cheikh fut la protection d'un détachement d'officiers turcs en route vers Biskra en 1550 (Léon l'Africain avance l'année 1531 comme date d'entrée des Turcs à Biskra sous le commandement de Hassan Agha), puis vers Touggourt et Ouargla en 1552.

Il est décédé en 1581 et fut enterré dans le cimetière de Sidi el Messaoud à el Eulma (ex. St Arnaud) sur la route de Ferdjioua, à 1km environ de ses quartiers d'été d'el Belâa.

14.  Ahmed ibn Ali Bouakkaz ibn Sakhri

Dans son livre sur l'histoire du Sud Constantinois (1860), le colonel Charles V. le décrit comme un chef fort et courageux qui régna sur les Dhouaouda (les tribus des Ouled issa, des Ouled Saoula et des Ouled Sebâa) dont les terres - dit-il - s'étendaient à cette époque sur tout le Constantinois.

Ahmed ibn Ali engagea les tribus hilaliennes aux côtés des Turcs dans la guerre qui les opposa aux Espagnols dès 1581 : la 1ere armée hilalienne se positionna non loin de Bordj Menaiel, à l'Est d'Alger. Il existe jusqu'à nos jours une tribu appelée les Skhara dans cette région. La 2eme armée défendit Alger du côté Ouest. Un village de cette région, situé à 20km à l'ouest d'Alger, porte aujourd'hui le nom de 'Douaouda'.

15.  A la mort d'Ahmed ibn Ali, trois de ses fils lui succédèrent :

- Ali Bouakkaz ibn Ahmed (investi en 1623)

- Ahmed ibn Ali Bouakkaz ibn Ahmed (investi en 1660)

- Mohamed Sakhri ibn Ahmed ibn Ali Bouakkaz (investi en 1700)

Ce dernier (Mohamed Sakhri) fut contemporain du Bey turc Redjeb de Constantine qui maria sa fille Oumhani à ibn el Kidoum, un des fils du Cheikh el Arab Mohamed Sakhri.

Mohamed est décédé en 1709 et fut enterré à Sidi Khaled (à 10km environ de Ouled Djellal) où se trouvaient ses quartiers d'hiver.

16.  Ahmed ibn Mohamed Sakhri

Il s'est marié à un âge avancé avec la veuve de son frère ibn el Kidoum, Oumhani fille de Redjeb le Bey de Constantine qui fut accusé par le Diwan turc d'Alger de fomenter une sécession avec ses beaux-parents et alliés les Dhouaouda pour s'approprier le Constantinois. Il fut destitué puis exécuté en 1674. Son successeur, Mourad Bey, convoqua Mhamed ibn Sakhri - le frère de Cheikh el Arab Ahmed ibn Mohamed Sakhri - et son fils Ahmed et les garda prisonniers à Djenen Zitoun à Constantine, puis les exécuta pour trahison au pouvoir turc. Une année plus tard, le Cheikh el Arab mobilisa toutes les tribus hilaliennes et déclara la guerre au Bey Mourad. Ce dernier demanda du renfort au Diwan d'Alger qui lui envoya une armée de 6000 hommes dirigés par les caïds Youssef et Châabane. Une grande bataille eut lieu entre les deux armées près de Sétif, à Guedjel, où les Turcs furent vaicus et le bey contraint de s'enfuir à Annaba d'où il embarqua vers Alger. Après cette défaite, le Diwan turc d'Alger destitua le Bey Mourad et négocia une réconciliation avec les Dhouaouda.

Le Cheikh el Arab, Ahmed ibn Mohamed Sakhri mourut en 1790 laissant deux épouses :

- Radjradja, fille d'ibn el Haddad - cheikh de la zaouia proche de Medjana en Petite Kabylie - avec ses 3 enfants : Mohamed, Fatma el Bellilia (épouse de Bendjellab sultan de Touggourt) et Ferhat ibn Ahmed ibn Mohamed Sakhri surnommé Ferhat ibn Saiyed.

- Oumhani, fille de Redjeb - Bey de Constantine et veuve d'ibn el Kidoum, frère du Cheikh el Arab - avec ses 4 enfants, tous issus d'ibn el Kidoum.

Après le décès du Cheikh el Arab, Radjradja et ses trois enfants partirent vivre à Sidi Khaled (près de Ouled Djellal - terre natale de Hiziya) chez leurs cousins Ouled Sakhri.

Oumhani, l'épouse turque, s'établit avec ses quatre enfants à Djenen ibn Arous, près d'Ourlal, quartiers du défunt Cheikh el Arab dans les Ziban.

Vers la même époque passa une caravane de pèlerins marocains avec, à leur tête, el Yazid héritier du trône du roi du Maroc Sidi Mohamed ibn Abdallah el Aloui. El Yazid, invité de haut rang du cheikh Dhabbah ibn Saiyed ibn Sakhri dans les quartiers des Dhouaouda à Sidi Khaled, demanda à ce dernier la main de sa soeur Aichouche. Après avoir assisté à la cérémonie du mariage à Fès, Dhabbah revint avec de nombreux cadeaux dont un magnifique pur-sang arabe qu'il offrit plus tard, en 1790, à Salah Bey de Constantine en visite à Biskra.

Les grands chefs et les sages des Dhouaouda mirent longtemps avant de désigner un nouveau Cheikh el Arab : l'obstacle majeur fut Oumhani fille du Bey Redjeb, cavalière sans pareil, jouissant du soutien d'un grand nombre de partisans parmi les personnalités des Dhouaouda qui voulaient que l'un de ses fils soit désigné comme Cheikh el Arab.

17.  Ferhat ibn Saiyed

Ferhat est né en 1786. En 1821, des délégations de toutes les tribus Riah se dirigèrent vers la localité de Sidi Khaled (pays de Hiziya) pour saluer le nouveau Cheikh el Arab qu'ils venaient enfin de désigner : le jeune Ferhat ibn Ahmed ibn Mohamed Sakhri, surnommé Ferhat ibn Saiyed, fils de Radjradja.

Après la signature du Traité de Tafna (1838) entre le général français Bugeaud et l'émir Abdelkader, ce dernier écrivit à toutes les tribus arabes et au Bey de Constantine, Ahmed ibn Mohamed Chérif el Kolli, leur demandant aide et soutien. L'appel de l'émir fut mal interprété par Ahmed Bey qui y vit une incitation à la rébellion contre le pouvoir turc et accusa les Dhouaouda d'être de connivence avec l'émir. Le jeune Cheikh el Arab, quant à lui, répondit favorablement à cet appel en se rendant à Médéa prêter son soutien à l'émir Abdelkader qui le désigna comme son khalifa (représentant) à Biskra et toutes les régions avoisinantes du Sahara.

Ferhat ibn Saiyed fut contraint de déclarer la guerre  au Bey Ahmed car ce dernier avait passé outre le traité signé entre Khireddine Barberousse et les Dhouaouda en nommant son oncle maternel - Bouaziz Bengana - Cheikh el Arab sur les tribus du Sahara.

 

 

Ferhat ibn Saiyed fut tué par traîtrise en 1842 après avoir été attiré dans un guet-apens par un certain Kouider ibn Naim el Bouzidi. Ce dernier remit le lendemain même à Bouaziz Bengana - caché près d'el Outaya - le sceau, l'épée et les deux oreilles coupées du jeune Cheikh el Arab.

Le 20 novembre 1842, Bouaziz Bengana informait le Gouverneur Général le maréchal Valée à Alger de la mort de Ferhat ibn Saiyed dans une bataille rangée avec la tribu des Bouazid.

L'armée coloniale française envahit aussitôt Biskra et désigna Bouaziz Bengana à la tête des tribus arabes Cheraga (région Est de Biskra ou Zab oriental).

Plus tard, le maréchal Valée annoncera de nouvelles mesures en mettant fin au titre de 'Cheikh el Arab' et en nommant Dhabbah ibn Sakhri de la tribu des Dhouaouda à la tête du Zab de Ouled Djellal et des tribus arabes Gheraba (région Ouest de Biskra ou Zab occidental). Ali ibn Ferhat ibn Saiyed - encore jeune enfant à l'époque - fut nommé Bey de Souf et de Touggourt.

Ainsi mit fin le pouvoir colonial français à une autorité tribale vieille de plusieurs siècles et c'est vers cette époque qu'est née Hiziya, fille des Dhouaouda, louée par Benguitoun et chantée par Khelifi Ahmed.

 

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