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Transport ferroviaire : Un train pour Oran

Les voyageurs, billet en main, s’empressent de rejoindre leur compartiment, le pas rapide et le visage serein.

 Ils s’engouffrent à l’intérieur du train, véritable mastodonte assoupi devant le quai, impavide devant les va-et-vient des citoyens. « Le rapide Alger-Oran » est au rendez-vous, prêt à transporter ses voyageurs, à s’acquitter d’une mission qui relève presque du rituel, réglé comme du papier à musique.

La gare de l’Agha est gorgée d’histoires et d’anecdotes de ces petites gens, humbles et besogneuses pour qui le train est une part de vie. La gare a perdu beaucoup de sa rusticité et de son charme bucolique du temps jadis où elle n’était qu’une simple halte de province. L’époque a bien changé et les autorails, véritable apanage d’un modernisme envahissant, tiennent le haut du pavé. Après avoir avalé son dernier passager, le train s’ébranle en direction de la métropole de l’Ouest, d’abord avec l’indolence du pachyderme pour ensuite prendre son rythme de croisière. Installés sur des banquettes propres, les voyageurs prennent leurs aises dans une atmosphère pleine de calme et de convivialité. A travers les vitres des fenêtres on voit défiler le paysage d’une ville tentaculaire avec ses agglomérations qui n’en finissent plus de s’étaler à l’infini. Alger est une métropole qui, parfois, frise la démesure. Le train quitte progressivement la capitale et s’en va lorgner vers la plaine de la Mitidja. On ressent une espèce de sentiment mitigé. Comme la nostalgie, la plaine n’est plus ce qu’elle était. Sa verdure luxuriante et exubérante n’a pas su résister à l’avancée du béton, à la marée noire qui a dévoré nombre de ses vergers, de ses forêts, altérant à jamais son indicible charme agreste et campagnard. Mais trêve de soupirs et de réminiscences. La machine poursuit son « périple » imperturbable et stoïque. Elle se dirige d’un pas décidé vers sa destination, absorbant des kilomètres de voies ferrées au milieu d’une nature foisonnante. El Attaf, Chlef, Relizane, sont autant d’escales et d’itinéraires. A chaque arrêt, les gens montent ou descendent du train, l’air rasséréné. On ne perçoit aucun signe de nervosité ou d’une quelconque mauvaise humeur, encore moins de l’inquiétude. La SNTF a fait beaucoup de progrès pour offrir à sa clientèle toutes les commodités de voyage sur les longues distances. L’hygiène est respectée, la sécurité garantie la restauration assurée.

 

“Mes enfants ne voyagent plus debout”

 

Ce ne sont pas là, des propos de quelque responsable zélé ou laudatif mais les aveux de passagers abordés à l’intérieur des compartiments. Une jeune femme, flanquée de sa progéniture, lance avec assurance. « J’habite Alger mais je voyage fréquemment dans ce train. Il n’y a jamais de problèmes majeurs ou graves. Les gens effectuent le trajet sans trop d’accrocs. Mes enfants ne voyagent plus debout comme c’était souvent le cas auparavant ».

Réda Nabi, accompagné d’un ami, chef d’entreprise de son état abonde dans le même sens. Il étrenne des arguments assenés par un habitué du « rapide » depuis pas mal de temps. «Les risques ont grandement diminué.

La sécurité n’est pas un vain mot, un vœu pieux mais une réalité que l’on observe de visu. Les horaires sont respectés et ce n’est pas un détail inutile. Quand le train part et arrive à l’heure cela suppose beaucoup de précautions en amont et en aval. C’est un constat que tout le monde partage unanimement. Il faut dire qu’à un certain temps, les choses ne sont pas aussi évidentes. Les conditions de voyage étaient pour le moins éprouvantes, longues et fastidieuses. L’on se débrouillait comme on pouvait devant une situation stressante. L’obsession de parvenir à bon port gagnait tous les esprits mais il fallait en payer le prix. Tout cela relève de la vieille histoire, renchérit un passager. Maintenant, on ne sue plus à grosses gouttes, on ne subit plus les affres de la canicule à notre corps défendant. En effet, les compartiments sont climatisés, l’air est rafraîchi et cette machine épargne bien des tourments surtout en période estivale.

Il faut battre le fer tant qu’il est chaud et un voyageur ne s’est pas privé de soumettre dans le feu de la discussion des suggestions. Il trouve par exemple, qu’il n’y a pas assez de prises de courant électrique à l’intérieur des wagons. Cela gêne les personnes qui veulent travailler avec leurs « portables » et ne pas courir le risque de perdre inutilement leur temps en de vaines palabres. Il s’interroge également sur l’absence d’un train de nuit.

 

Cheminot : un métier noble !

 

Cela rendra d’éminents services aux voyageurs. Affable et courtois, un contrôleur principal, flanqué d’un collègue tout aussi correct et dispos se prête avec amabilité et à notre jeu de questions et réponses, sûr de son métier et de l’expérience qu’il a acquise durant de longues années en tant que cheminot.

Il nous délivra moult renseignements sur son activité, sa mission. Il parlait sereinement, sur un ton posé. Il faut dire qu’il est exigé de lui, un certain sens de la diplomatie, du tact et du savoir-faire pour régler les problèmes, satisfaire la clientèle, être constamment à l’écoute, dissuader les mauvais plaisants, les récalcitrants, couper court à toutes les formes d’atteinte à la quiétude et à la tranquillité des passagers. Le contrôleur ne fait pas que vérifier les billets, détecter les fraudeurs. Il agit en tant que médiateur, en intermédiaire vigilant. Les voyages en train ne sont jamais exempts d’imprévus, de disputes ou de faits malencontreux.

Il faut être constamment sur le qui-vive, avoir comme on dit communément, l’œil du maître.

En palabrant avec nous à cœur ouvert, sans gêne ni retenue, ce contrôleur avoue humblement une certaine estime au métier qu’il a choisi et qu’il exerce avec dévouement.

Il a réponse à tout. Rien de ce qui touche à sa fonction ne lui échappe. On en veut pour preuve, la conduite à tenir face à un « resquilleur » ou un voyageur indélicat. Il nous expose la conduite à suivre avec force détails et règlement à l’appui. Pour lui, n’est pas contrôleur qui veut. Il faut une formation, se recycler pour acquérir toute la maîtrise indispensable. Face aux maladies, aux accidents, il y a des réflexes à adopter des méthodes à mettre en application. Le tout, sans affoler les passagers. Du tact et de la fermeté. Le train demeure le moyen privilégié pour ceux qui veulent voyager sur de longues distances comme c’est le cas pour Alger-Oran par exemple. Certes, l’avion fait gagner plus de temps mais il a ses contraintes. Le voyage par route est éprouvant. La circulation est dense, le flux est « dantesque » et les accidents font courir des risques parfois mortels. Pourquoi tenter le diable alors qu’il y a une alternative nettement plus sûre. C’est d’autant plus vrai que la SNTF améliore ses prestations et ne compte pas s’arrêter en si bon chemin. Le voyage prend fin à la grande satisfaction des passagers qui s’apprêtent à quitter le train en préparant leurs bagages et leurs affaires. Pour tout le monde, c’est mission accomplie. On quitte la gare, laissant derrière, le mastodonte immobile. Il reprendra du service le moment venu.

Mohamed Bouraïb

 

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